Outils concrets issus de la PNL et de la thérapie ACT pour préserver votre intégrité dans la relation.
Certaines relations nous nourrissent, d’autres nous fragilisent. Et parfois, au détour d’un quotidien partagé ou d’un lien affectif, nous nous retrouvons face à des personnalités dites “difficiles” : imprévisibles, contrôlantes, passives-agressives, ou émotionnellement instables.
Ces rencontres résonnent souvent avec nos blessures inconscientes. Elles réveillent des doutes, du flou, de l’épuisement. Mais elles peuvent aussi devenir, à condition d’être accompagnées avec conscience, de véritables occasions de consolidation intérieure.
Dans cet article, je vous invite à découvrir des outils issus de la PNL et de la méthode ACT pour sortir du brouillard relationnel et retrouver votre pleine souveraineté.
Qu’est-ce qu’une personnalité dite “difficile” ?
Il ne s’agit pas de juger l’autre, mais de constater l’effet que cette relation produit sur nous :
- un doute intérieur permanent,
- une tension corporelle, parfois invisible mais constante,
- un brouillage émotionnel ou mental,
- un sentiment de malaise dont nous ne parvenons pas à nommer la cause…
Ce type de relation installe une forme de désorientation intérieure. On se surprend à se taire, à se justifier, à modifier nos comportements sans l’avoir choisi. C’est là que commence une forme d’emprise subtile.
Quand on devient la marionnette invisible d’une autre personne
Nous ne savons pas vraiment ce qui se passe mais pourtant, quelque chose nous dérange profondément. Nous réagissons sans nous en rendre véritablement compte, nous modifions notre ton, notre attitude, nos décisions… comme si une part de nous-même s’adaptait en permanence à l’humeur, aux réactions, à la pression subtile de notre interlocuteur. Comme s’il tirait les ficelles de l’intérieur, sans que nous ne l’ayons clairement identifié. Nous nous retrouvons à dire oui alors que nous voulions dire non, à nous suradapter, à perdre de vue ce qui nous anime profondément.
« C’est lorsque j’ai posé les pizzas sur la table du salon et que les enfants et moi nous sommes installés devant un dessin animé, que je me suis rendue compte que nous étions tous les trois enfin détendus. Juste parce qu’il s’était absenté quelques jours pour son travail. J’ai alors réalisé que c’était sa présence qui nous stressait tous monstrueusement ! Nous n’avions pas le droit de manger dans le salon, ni de manger des pizzas, encore moins devant la télévision. Ce soir là nous avons ris, joué, fait les pitres… grâce à son absence, la vie était enfin revenue ». S.
Cette personne ne crie pas forcément. Ne menace pas toujours. Mais elle agit à couvert, dans l’ombre de notre système émotionnel, comme un marionnettiste invisible.
Et plus inquiétant encore : nous commençons à douter de notre propre perception. Nous nous demandons si nous ne dramatisons pas, si nous ne serions pas devenu.e trop sensible, trop instable, trop incohérent.e. Trop quelque chose de toutes façons.
« Elle me répétait sans cesse : « Tu es trop mou », « tu te laisses trop faire », « tu es trop con ». Moi, j’avais toujours détesté les conflits, alors j’évitais les confrontations mais ça se retournait contre moi. Et je n’arrêtais pas de me dire qu’elle avait peut-être raison, que j’étais trop faible et que je devais m’endurcir. Mais je ne suis pas comme ça. Je n’ai jamais été de ces gros durs qui jouent des coudes pour s’imposer ». H.
Ce doute de soi est la signature de l’emprise. La bonne nouvelle : nous pouvons reprendre les rênes. La PNL et la méthode ACT offrent des clefs puissantes pour sortir de ce piège relationnel sans violence ni rupture intérieure.
Étape 1 : Observer sans fusionner (ACT)
Première étape : se désidentifier de notre flot de pensées, de notre doute intérieur, de cette sensation d’impuissance. C’est ce que la thérapie ACT appelle la défusion cognitive :
Nous ne sommes pas notre pensée.
Nous ne sommes pas notre émotion.
Nous sommes l’espace dans lequel elles apparaissent.
Exemple : « Je remarque que la pensée je ne suis pas assez dur vient de surgir. Je la vois, je l’accueille, mais je choisis de ne pas lui obéir parce qu’à l’intérieur de moi je sais que je suis un tendre. »
Ce simple recul crée un espace pour revenir à notre propre centre, au lieu de fonctionner sous l’influence de l’autre.
Étape 2 : Identifier les jeux de rôle (PNL)
En PNL, on considère que les comportements sont souvent le fruit de « parties intérieures » qui ont chacune une fonction (voir l’article PNL thérapie : la négociation des parties). Cela vaut aussi pour l’autre personne : ce que nous percevons comme “toxique” peut être, en réalité, une part protectrice, blessée ou contrôlante à l’œuvre chez elle :
- une part de lui/elle veut tout contrôler pour éviter l’échec,
- une autre cherche à provoquer pour se sentir fort.e,
- une autre encore culpabilise autrui pour ne pas perdre le lien.
Identifier ces rôles permet de ne plus prendre leurs actions personnellement, et de commencer à se détacher émotionnellement de leur impact. Don Miguel Ruiz dans Les 4 accords Toltèques, l’évoque sous l’accord « Ne pas en faire une affaire personnelle ». Cela veut dire :
ne pas se laisser définir par ce que l’autre projette sur nous.
Si nous reprenons l’exemple de H., ne pas en faire un affaire personnelle c’est, lorsqu’il lui est reproché « d’être trop mou », qu’il revienne à sa vérité : « Elle pense que je suis trop mou. Ma vérité, est que je suis un tendre et que j’apprécie ça chez moi. Je ne suis pas ce qu’elle pense de moi, ce n’est pas ma vérité mais seulement la sienne et je choisis de ne pas y adhérer ».
Étape 3 : Poser ou reposer nos limites (ACT & PNL)
Quand une personnalité difficile tente inconsciemment de nous manipuler, notre axe intérieur devient flou. C’est pourquoi il est essentiel d’affirmer ou réaffirmer nos limites psychiques, émotionnelles et physiques.
En PNL, cela se fait en développant la congruence : ce que nous ressentons est ce que nous pensons, qui est ce que nous exprimons.
Exemple de formulation possible : « Je comprends que, selon ta manière de voir les choses, tu trouves que je suis « trop mou ». De mon côté je suis bien avec ma douceur. C’est une qualité qui me ressemble, et je n’ai pas envie de jouer un rôle qui ne me correspond pas. ».
Quant à l’ACT, elle guide aussi à agir au service de nos valeurs : respect, liberté, intégrité.
Nos limites deviennent alors des actes d’amour envers soi-même et non des murs contre l’autre.
Lorsque H. exprime « Je comprends que, selon ta manière de voir les choses, tu trouves que je suis « trop mou »« , il respecte le ressenti de l’autre. Quand il ajoute « De mon côté je suis bien avec ma douceur. C’est une qualité qui me ressemble, et je n’ai pas envie de jouer un rôle qui ne me correspond pas« , il pose un acte d’amour envers lui-même en se respectant tel qu’il est.
Nous retrouvons ici les grands principes de la CNV (Communication Non Violente). Pour aller plus loin dans la découverte de la CNV, je vous invite à lire l’excellent ouvrage Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Marshall Rosenberg.
Étape 4 : Renforcer son ancrage intérieur
Face à une personnalité difficile, le système nerveux peut entrer en hyperactivation. Nous perdons notre calme, notre clarté, notre alignement. D’où l’importance de réactiver régulièrement son ancrage corporel.
Exercice PNL – Ancrage de sécurité :
- Fermez les yeux et souvenez-vous d’un moment où vous vous êtes senti.e solide, stable, centré.e. Cela peut être un moment dans le passé, totalement déconnecté du contexte dans lequel vous évoluez dans le présent.
- Replongez dans la scène avec tous vos sens (sensation de sérénité, bien-être, sécurité intérieure…).
- Associez à cet état émotionnel ressource un geste (main sur le cœur, pression sur un doigt…).
- Répétez régulièrement ce geste tout en restant dans l’état émotionnel ressource afin de créer ce qu’on appelle un ancrage.
Vous pourrez ensuite utiliser ce geste dès que vous serez en situation difficile pour revenir aux sensations de l’état émotionnel ressource, même quand l’autre tentera de vous déstabiliser.
Étape 5 : Pratiquer une communication claire et pacifiée
La personne difficile utilise parfois un langage flou, culpabilisant, passif-agressif. Il est crucial de ne pas rentrer dans ce jeu, mais de rester en communication adulte.
Technique PNL : Le recadrage
Quand l’autre vous provoque, utilisez le recadrage pour ramener la discussion au niveau des faits observables ou des besoins explicites. C’est une manière simple et puissante d’éviter de vous perdre dans les généralisations, les accusations vagues ou les pièges émotionnels.
Exemple :
Lui/elle : « Tu n’as aucun respect pour moi. »
Vous : « Je veux comprendre. Dis-moi concrètement ce que tu attends de moi comme comportements, pour te sentir respecté.e. »
Ici, vous redirigez la conversation vers le concret. Vous sortez de l’abstraction émotionnelle pour revenir dans un espace de responsabilité partagée. Deux issues sont alors possibles :
- soit l’autre accepte de préciser ses attentes,
- soit il/elle s’enferme dans le flou (“c’est toujours pareil avec toi”) ou se retire.
Dans tous les cas, vous avez quitté le jeu psychologique. Vous n’êtes plus en train de vous justifier ou de vous défendre, vous êtes revenu.e à votre axe, à votre capacité d’être clair.e et présent.e, sans vous effacer.
Étape 6 : Choisir en conscience (et peut-être se retirer)
Mais attention, certaines relations sont irrécupérables. Dans une relation où la dynamique est déséquilibrée ou douloureuse, le choix de rester, de poser une limite, ou de partir n’est jamais simple. Il est souvent accompagné de peurs, de doutes, de chocs émotionnels profonds.
Et pourtant… la thérapie ACT nous rappelle ceci :
Ce n’est pas le confort émotionnel immédiat qui doit guider nos choix, mais la fidélité à nos valeurs profondes.
Reprenons l’exemple de H. Sa femme lui répétait :
- « tu es trop mou »,
- « tu ne t’imposes jamais »,
- « tu te laisses faire »,
- parfois même « tu es trop con ».
Lui, il ne voulait pas de conflits. Il ne criait pas, ne claquait pas les portes, n’humiliait pas. Il croyait que l’amour s’accompagne de respect, de douceur, de présence paisible. Mais face à une personne plus agressive, plus tranchante, il s’est senti faible, inadapté, coupable et il a fini par douter de lui. Et quand, un jour, il a tenté de poser une limite… il a reçu une gifle. Puis une réponse glaçante : « t’as qu’à pas te laisser faire ».
Le piège émotionnel : fuir l’inconfort… au prix de soi
H. avait toujours fui le conflit. Pas par lâcheté mais parce que la violence lui était insupportable. C’était sa manière de se protéger, de rester dans un monde intérieur qu’il voulait doux, harmonieux, paisible. Mais à force de se taire, de courber l’échine, de s’adapter, il a perdu l’alignement avec ce qui comptait vraiment pour lui : être doux ET respecté.
Ouvert ET entendu.
Aimant ET reconnu.
Et c’est là que l’ACT entre en jeu, car cette thérapie nous invite à un mouvement courageux : faire un choix aligné avec nos valeurs, même si ce choix génère de l’inconfort émotionnel à court terme.
Pour H. cela peut vouloir dire :
- Dire non, même si cela lui fait peur.
- Poser un cadre, même si cela provoque une réaction violente.
- Partir, même s’il sent la tristesse le submerger.
Pour lui, poser une limite n’aurait pas été trahir sa valeur de douceur. C’était l’incarner pleinement. Il aurait pu se dire « Ma douceur est précieuse, et je choisis de ne plus la laisser être piétinée ». Et même si cela remue la peur d’être rejeté, la tristesse de perdre, la crainte d’être mal jugé, c’est un acte de fidélité envers soi.
En pratique : l’ACT propose de se demander…
- Quelle est ma valeur profonde dans cette situation ?
- Qu’est-ce que je choisirais, si je n’étais pas gouverné.e par la peur, la honte ou la culpabilité ?
- Est-ce que je préfère un inconfort momentané, ou une douleur sourde qui dure ?
- Quel serait, ici, le petit pas engagé qui m’amènerait plus près de ce que je veux vraiment vivre ?
Il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses. Il n’y a que l’expression, la mise en évidence de vos besoins légitimes.
H. n’a pas à devenir dur, froid, autoritaire. Il peut rester doux, tendre, paisible… et en même temps, poser des actes fermes pour préserver ce qui compte pour lui.
Et vous, face à une personnalité difficile : vous n’avez pas à changer ce que vous êtes. Vous avez le droit de vous choisir, de vous engager activement pour protéger vos valeurs, même si cela bouscule ou déplait.
C’est ainsi que la thérapie ACT devient un chemin d’intégrité : un pont entre votre cœur, votre force intérieure, et votre liberté d’être.
En résumé : les outils concrets
| Outil | Origine | Usage |
|---|---|---|
| Défusion cognitive | ACT | Observer sans être submergé.e |
| Observation des rôles | PNL | Distinguer l’autre de ses mécanismes |
| Affirmation congruente | PNL | Poser ses limites clairement |
| Ancrage corporel | PNL | Retrouver sa sécurité intérieure |
| Recadrage verbal | PNL | Désamorcer les attaques |
| Action alignée aux valeurs | ACT | Choisir la relation juste, ou l’absence de relation |
En conclusion : la clarté est un soin
Les personnalités difficiles nous offrent une précieuse opportunité de croissance : la possibilité de mieux nous connaître, de mettre en lumière ce qui nous définit véritablement. Non plus en fonction de ce qu’on attend de nous, mais en fonction de qui nous choisissons d’être. En ne se conformant plus aux attentes d’autrui, mais en revenant à ce qui fait sens en nous, même si cela déplaît ou dérange.
Avec les outils de la PNL et de l’ACT, il devient (redevient) possible de reprendre les rênes de la marionnette intérieure, de couper les fils invisibles et ainsi, redevenir l’acteur / l’actrice principal.e de sa propre vie.
Envie d’aller plus loin ?
Je vous accueille en séance individuelle, en présentiel ou en distanciel (visio Zoom, Google meet ou WhatsApp), pour un accompagnement sur-mesure, respectueux de votre rythme et de votre unicité.
Un seul prérequis : l’élan sincère de sortir des jeux relationnels qui vous abîment, et l’envie profonde de vous recentrer sur ce qui vous rend libre, vivant.e, en paix.
Vous pouvez visualiser mes disponibilités et prendre votre rendez-vous grâce au planning de réservation ci-dessus, ou bien :
✔️ Par téléphone au 06.60.63.09.66 (n’hésitez pas à laisser un message avec vos coordonnées),
✔️ Par e-mail : armelle.viala@gmail.com

Un commentaire